Les temps modernes

LES PREMIERS SCAPHANDRES AUTONOMES



A l'aube du XXéme siècle, le scaphandre lourd est inventé et la physiologie de l'homme dans l'eau est comprise dans les grandes lignes. Le scaphandre autonome utilisé par les plongeurs depuis les années quarante apparaît en 1865.


C'est Benoît Rouquayrol, ingénieur des mines, qui est à l'origine du "régulateur de pression des gaz" permettant aux sauveteurs de respirer dans des atmosphères viciées. L'équipement se présente sous la forme d'un réservoir de 8 litres rempli d'air à 40 bars, autonome et alimenté depuis la surface, dans lequel le plongeur respire grâce à un détendeur (ou casserole) qui lui fournit l'air à pression ambiante et sur demande. C'est la scaphandre que Cousteau et Gagnan inventeront quatre vingt ans plus tard !

Auguste Denayrouse, un officier de la marine au repos, comprend tut de suite l'intérêt de l'Aérophore pour les interventions sous-marines et , avec l'inventeur, il l'améliore. Le succès de l'appareil est immédiat. Le 8 février 1868, l'appareil est rendu réglementaire sur tous les bâtiments de la marine française et se retrouve donc pendu à côté du scaphandre lourd de Cabirol. Plus de 1500 Aérophore sont vendus en Europe. Il va manquer à l'Aérophore la haute pression pour devenir un véritable scaphandre autonome. Puis dans les années 1870, il tombe dans l'oubli le plus total. Les scaphandriers lourds lui reproche sa fragilité, sa légèreté et son autonomie à laquelle ils préfèrent la bonne vieille pompe à bras, plus rassurante.


Un scaphandre autonome a fait son apparition en 1915. C'est un pieds lourds classique avec deux tuyaux sur la partie basse du casque, l'un pour l'arrivée d'air neuf et l'autre pour la sortie des gaz expirés. Une bouteille de 3 litres d'un mélange azote/oxygène à 150-200 bars couplé à un "laveur" contenant de la potasse liquide (se mélangeant au gaz chargé en CO2 par un mécanisme d'horlogerie) constitue un recycleur. Cette pièce de matériel est placée sous un bras. Le scaphandrier possède sous l'autre bras une bouteille d'air comprimé de 1,75 litres à 150-200 bars pour la gestion de la pression hydrostatique dans la combinaison. Des essais réalisés les 22, 24 et 25 février 1916 ont montré des temps d'utilisation de plus de 2 heures à 15 m. De nouveau cet appareil est en avance sur son époque et bien qu'il suscite un grand intérêt, il va peu à peu tomber dans les oubliettes.

L'époque ne se prêtant pas à l'exploration sous-marine, la mer étant considérée comme un milieu fondamentalement hostile, le détendeur de Rouquayrol et Denayrouse disparaît de la circulation. Il est trop cher, difficile à fabriquer et de capacité limitée.


En 1933, Yves Le Prieur brevète un semblant de scaphandre bien mal confectionné, curieusement adopté par la marine et les pompiers de Paris : oublié le détendeur à la demande au profit du débit continu. La technologie fait un grand pas en arrière. Mais grâce à ses démonstrations en piscine, l'inventeur provoque un véritable engouement pour le monde sous-marin.


En 1938 apparaît le DM40 de la société Draeger. C'est un recycleur pour pieds lourds tout dans le dos. Il est basé sur les mêmes principes que l'actuel Dolphin ou Ray de cette marque. Dans le dos on trouve une bouteille d'oxygène pur et d'air comprimé pour faire par injection maîtrisé des deux gaz, un bon NITROX (pas encore connu sous ce nom). Une cartouche de chaux sodée permet d'épurer le CO2 de l'air expiré. deux tuyaux à l'arrière du casque permettent de former un circuit d'air neuf et d'air à régénérer. une bouteille d'air de 1,2 litres à 15 bars est attachée au niveau de la poitrine et permet d'assurer une source d'air de secours. Elle remplace les plombs de poitrine.


Dix an plus tard, Jacques Yves Cousteau rencontre à Paris Emile Gagnan de la société Air Liquide, spécialisé dans les gaz industriels. Celui-ci vient de miniaturiser un détendeur permettant d'alimenter les moteurs de camion en gaz de ville, pour pallier la pénurie d'essence imposée par les Allemands. A la demande de Cousteau, il adapte son invention à un bouteille d'air. Le détendeur, copie presque conforme de l'Aérophore, est né : c'est l'"Aqualung" de Cousteau-Gagnan. De plus, la vente du Butane et du Propane depuis 1925 à fait baisser les prix des bouteilles.


Après la guerre, la société se tourne vers les loisirs et Jacques Yves Cousteau comprend qu'il y a un véritable marché naissant dans la plongée. Celui-ci n'existait pas en 1865. Il dépose son brevet et à l'aide de la télévision, il propagera dans le monde entier son invention et son nom.


Depuis, le matériel n'a pas beaucoup changé ...... !?!