Le scaphandrier devient professionnel

LES PREMIERS SCAPHANDRES


En 1797, Klingert met au point le premier véritable scaphandre : une tunique de peau étanche, du lest et un casque à hublots dans lequel arrive un tuyau d'admission d'air et un autre pour l'expiration. Grâce à cet équipement, des hommes peuvent marcher à peu près naturellement au fond des mers et des fleuves. Son invention connaît un grand succès.

Cependant, depuis la renaissance il n'y pas eu de grands bouleversements dans les technologies utilisées.


Auguste Siebe, un allemand, va faire évoluer cet équipement jusqu'à un équipement encore utilisé de nos jours : le scaphandre lourd. A partir de la cloche de Denis Papin, dont il réduit les dimensions à la taille d'un homme, il fait ses premiers essais concluants : le plongeur, confortablement lesté, respire de l'air comprimé mais il doit rester tout à fait droit pour éviter que l'air ne soit remplacé par de l'eau.


En 1819, il réduit la cloche à une soupière et place les plongeurs dans un vêtement mono pièce étanche et descendant jusqu'à la taille. Cependant, le plongeur doit toujours rester vertical. En 1837, il dessine une "peau de bouc" qui englobe tout le corps, membres compris et est raccordé à un casque. Cette fois, le plongeur peut se déplacer comme il veut sans risquer de perdre son gaz vital. Il suffit de chasser régulièrement l'air excédent par une purge. La société Siebe-Gorman est crée en 1838, Sièbe est riche.


Le matériel est amélioré en 1842 par la vulcanisation du caoutchouc. Cabirol et Denayrouse apportent quelques modifications mineures mais le scaphandre lourd n'évoluera plus beaucoup.


Pendant ce temps, les cloches sont améliorées en caissons. Les maux engendrés par les séjours en caissons sont de plus en plus importants, on parle de la "maladie des caissons". Un homme va l'étudier et en expliquer les causes : Paul Bert. Dans la pression barométrique (1878), il décrit le rôle toxique de l'oxygène pur et les effets nauséeux dans un air respiré trop longtemps. Il met aussi en évidence la solubilisation de l'azote dans les tissus du travailleur sous-marin et son effet lors de la remontée vers la surface. Il préconise donc aux scaphandriers de regagner lentement la surface (selon la méthode de décompression uniforme) et de placer les accidentés dans des caissons de recompression remplis d'oxygène pur. Cependant, les accidents liés à l'application de cette méthode de décompression sont encore nombreux.


En 1896, John Scott Haldane reprend les expériences de Paul Bert. Après étude, il détermine que le plongeur doit faire un palier à chaque fois que la pression qu subit en remontant est divisée par deux. Le physiologiste britannique vient de poser le principe des tables de décompression. Ces tables limitent la profondeur de travail à 64 m. Les paliers sont effectués à 24, 21, 18, 15, 12, 9, 6 et 3 mètres. Ce sont encore ces profondeurs déterminées de manière empirique que l'on trouve sur nos tables actuelles de décompression : NM99, Buhlmann (80% des ordinateurs de plongée les utilisent), MT92, ....


Dès 1907, les marines européennes et américaines adoptent la table de Haldane.








LES SCAPHANDRIERS : GLOIRE & DISPARITION


Les scaphandriers : gloire et disparition


Les scaphandriers alimentés de la surface vont connaître leurs heures de gloire dans les années 1940 à 1950 avec la période du grand renflouement d'après guerre. Après cette décennie, ces scaphandriers sont peu à peu remplacés par des scaphandriers autonomes et ils disparaissent. un sauvetage sera réalisé en Gironde par un pieds lourds en 1981. Il assurera la mise en place d'une ligne de vie en plein courant, .... pour le passage des scaphandriers autonomes. Les derniers pieds lourds utilisés pour l'entretien des écluses et bassins de la seine vont disparaître dans les années 80.


L'histoire des pieds lourds, du matériel, des chantiers et des accidents (coup de ventouse, remontée en ballon ou accident de décompression) sont retracés dans un superbe ouvrage d'une richesse exemplaire :

Les Pieds Lourds
Histoire des scaphandriers à casque français
Gilles MILLOT
le chasse-marée, éditions de l'estran (1987)